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Lucien CHANUC, Patrice DURBAIN, Les Trains du Médoc, Breil-sur-Roya,
Les Éd. du Cabri, 2005, 223 p., [prix ?]
Compte
rendu par Joanne Vajda, juin
2006
Lucien
Chanuc et Patrice Durbain, deux spécialistes bordelais des questions
ferroviaires, ont retracé dans ce livre l’histoire du Chemin de fer du
Médoc, dont la construction a démarré sous le Second Empire, mais qui n’a
été mis en service qu’en 1875 jusqu’au Verdon, avant d’être
prolongé jusqu’à la Pointe-de-Grave en 1902. Disons-le tout de suite,
l’ouvrage, dont on sent qu’il s’appuie sur des recherches très
poussées, mais qui demeure d’une lecture facile et agréable même pour
le non-spécialiste, est non seulement un ouvrage très documenté, mais
aussi magnifiquement illustré, avec des documents provenant de diverses
collections publiques et privées (toujours mentionnées).
L’ouvrage est composé en six parties, la première traitant de l’histoire
de la Compagnie du chemin de fer du Médoc, des premiers projets et de la
relation entre le développement des lignes ferroviaires et celui des
stations balnéaires, à travers l’exemple de Soulac-les-Bains, relié
à Bordeaux par la ligne du Médoc. Dans cette partie sont également
analysés les embranchements et prolongements de la ligne, certains
passages s’appuyant sur les études exhaustives publiées par Michel
Faure dans les n° 24, 37, 38, 39 des Cahiers Médulliens. Au moment de sa
mise en service, la ligne du Verdon est la seule en France à ne pas être
raccordée au réseau national, bien qu’elle soit à écartement normal.
Cet isolement se prolongera jusqu’en 1892, lorsqu’une liaison sera
créée entre le réseau du Midi et la ligne du Médoc.
La deuxième partie est consacrée aux installations fixes de la ligne,
infrastructures, superstructures, gares et haltes. Quelques gares sont
particulièrement étudiées, celle de Bordeaux-Saint-Louis, mais aussi
celles de Pauillac, Saint-Estèphe, Lesparre, Queyrac, Soulac, Le Verdon
et Pointe-de-Grave, ainsi que quelques haltes, Parempuyre, Gaillan et
Vensac.
Dans la troisième partie, les auteurs s’intéressent à l’exploitation
de la Compagnie du Médoc, à l’organisation des services et du
personnel, au trafic des voyageurs, des marchandises et aux services
annexes.
Le chapitre suivant est consacré au matériel roulant de la Compagnie du
Médoc, tandis que dans la dernière partie Lucien Chanuc et Patrice
Durbain abordent la question de l’intégration de la ligne du Médoc
dans le grand réseau ferroviaire français. Après avoir été rachetée
et exploitée à partir de 1912 par la Compagnie du Midi, la ligne entame
une ère de grands travaux, avant d’être incorporée à la SNCF. La
ligne connaît ces derniers temps une baisse de trafic, mais compte sur le
trafic périurbain pour continuer à exister.
En annexe, les auteurs abordent la question des travaux de défense contre
l’océan, des premiers travaux de défense du littoral et du train
touristique qui va de la Pointe-de-Grave à Soulac.
Intérêt pour l’historien des chemins de fer : À travers l’histoire
de cette ligne de chemin de fer, on saisit les relations qui existent avec
l’histoire des grandes compagnies ferroviaires, l’histoire régionale
et l’histoire des techniques. Mais, au-delà, on prend conscience des
rapports qui la lient à l’histoire de la navigation maritime et
fluviale, grâce aux rapports ambigus, à la fois de concurrence et de
coopération, qui s’établissent avec les compagnies de navigation. On
prend également la mesure de l’importance de la voie ferrée dans le
développement des ports français. Le titre de l’ouvrage est très
modeste au regard des perspectives qu’ouvrent les recherches des
auteurs.
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