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Anne CALLITE, Alexis
Hallette, ingénieur et industriel artois. 1788-1846,
préface de François Caron, avec le concours du Conseil régional du
Nord-Pas-de-Calais, s.l.n.d. [Editions du Geai-Bleu, 48, rue du Curoir,
59100 Roubaix, 2003], 118 p.
Compte
rendu par Joanne Vajda, décembre 2003
Presque trop petit, ce format de livre, pour contenir tout ce qu'Anne
Callite a à nous dire sur l’aventure dans laquelle s’embarque Alexis
Hallette durant cette première moitié du XIXe siècle qui se confond
avec celle de l’industrie mécanique, mais aussi avec celle des idées
utopiques nées de l’apparition des chemins de fer.
Installant ses premiers ateliers à Arras en 1813, Hallette participe d’abord
à la conception de machines pour l’industrie sucrière, de moulins à
vent, de presses hydrauliques et de machines à vapeur fixes, avant de s’engager
dans la création d’une société minière. Il s’intéresse ensuite à
la fabrication des machines de navigation et se consacre enfin à la
construction de locomotives. Les expériences qu’il mène dans la
construction d’un système de chemin de fer atmosphérique qui n'est pas
retenu par le Paris – Saint-Germain conduiront à la faillite de l’entreprise
(que son fils Alfred, qui lui succède, ne pourra empêcher), accélérée
par la crise économique de la fin des années 1840.
L’intérêt d’Alexis Hallette pour les machines de chemin de fer s’accompagne
de plusieurs tentatives de participation à la création de lignes par son
introduction dans des sociétés d’exploitation.
Les ateliers Hallette emploient 800 ouvriers en 1842, ce qui témoigne de
leur rôle dans le développement industriel de la région en général et
de la ville d’Arras en particulier.
En retraçant le parcours singulier d’Hallette, l’auteur souligne la
difficulté générale de l’industrie française à s’affranchir de la
tutelle anglaise à cette époque comme les raisons particulières de
l'échec d'un mécanicien qui apparaît bien seul dans une aventure qui
est aussi politique et financière.
Intérêt pour l’historien des chemins de fer : Anne Callite
montre comment les opportunités de la Révolution Industrielle poussent
les esprits entrepreneurs à se lancer dans « l’aventure totale »,
mais aussi comment à travers un seul parcours il est possible de mettre
en évidence toutes les relations que tisse cette aventure. La biographie
d’Hallette est à mettre en parallèle avec celle de Robert Stephenson
[voir ci-dessous]. Par ailleurs, l’auteur prépare une thèse sur l’histoire
des entreprises de construction de matériel ferroviaire roulant dans le
Nord de la France qui apportera des éclairages nouveaux, bien utiles dans
ce domaine.
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