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Par JP LESCAT
Il y avait en France trois grands groupes qui se partageaient le marché du transport public : Kéolis, filiale de la SNCF, Véolia et Transdev filiale de la caisse des dépôts et consignation et de la RATP. La RATP et la Caisse des dépôts souhaitaient se retirer du capital de Transdev. Véolia et Kéolis ont tous les deux formulés une offre sur le numéro 3 du secteur.
La décision dépassait les seuls enjeux économiques et le dossier a connu un traitement politique. Finalement, il a été décidé une fusion entre Véolia Transport et Transdev. Cela donne naissance au leader mondial des transports urbains avec 9 milliards de chiffre d’affaire (6 pour Véolia et 3,3 pour Transdev). En France, Véolia est très présent dans le transport interurbain, et Transdev dans le transport urbain. A l’international, Transdev est bien implanté en Grande Bretagne, aux Pays-Bas, en Italie et au Portugal. Véolia est lui présent en Allemagne, au Benelux et dans les pays scandinaves.
Fin 2009, il n’y aura donc plus que deux grands acteurs majeurs dans les transports publics : un pôle public autour de Kéolis et un pôle privé autour de Véolia.
A un autre niveau, nous assistons aussi à une mise en ordre de marche pour livrer ensuite les combats à venir, d’autant que la libéralisation du transport régional de voyageurs pourrait être plus rapide que prévue, le gouvernement envisageant de donner aux régions la possibilité de casser les conventions en cours entre les régions et la SNCF et de développer une expérimentation de l’ouverture du marché des TER . L’Alsace, unique région de droite, a déjà déclaré son intérêt pour cette expérimentation, même si elle y a finalement renoncé lors du renouvellement de sa convention avec la SNCF. Certains tablent sur une accélération du phénomène après les régionales de mars 2010.
Enfin à l’international, Eurostar va devenir un exploitant ferroviaire de plein exercice, dont la SNCF va être le principal actionnaire. Eurostar pourrait alors étendre ses services sur le continent et mieux résister auxvisées de la DB sur le marché de la grande vitesse. D’autant qu’Eurotunnel entre aussi dans le jeu. Le groupe a repris les activités françaises de Véolia Cargo dont Véolia souhaitait se séparer. Eurotunnel a mis la main sur CFTA Cargo et Socorail. La SNCF récupère les actifs internationaux du groupe et notamment l’opérateur allemand Rail4 Chem qu’elle avait convoité en vain il y a deux ans.
Véolia délesté de ses activités de fret ferroviaire, à la rentabilité finalement faible, peut alors pleinement se consacrer à son essor dans le transport de voyageurs et affronter Kéolis. La boucle est bouclée. Les chemins de fer régionaux et les transports urbains sont en plein au centre de l’enjeu. C’est probablement là que se joueront les grands combats à venir.

Ce thème a déjà fait l'objet de plusieurs articles de référence dans CFRU par Charles-Léon Mayer (n°68, 83, 136 et 137), mais les numéros correspondants sont aujourd'hui épuisés. Le sujet nous semble présenter une certaine actualité pour plusieurs raisons. Les infrastructures des anciennes lignes ont fait l'objet depuis quelques années de transformations en pistes cyclables (« chemins du rail »), opérations certes classiques, mais comprenant ici des équipements pour rappeler l'histoire ferroviaire, récemment encore enrichis et très bien mis en valeur.
Une étude de 8 pages par F. LEGRAND, R. LEGRAND
Souvenirs de Raymond Ferlay lors d'un voyage en 1940

Beaucoup de nos lignes ferroviaires, et particulièrement celles d’intérêt local, ne sont plus que des souvenirs en ce qui concerne leur exploitation. Il reste par contre de nombreux vestiges qui permettent de retrouver leur tracé, leur origine, les raisons de leur existence, et de se plonger dans un univers régional où se mêlent économie, géographie et histoire, matières que l’on a trop tendance à séparer didactiquement, mais qui n’ont de valeur que considérées dans leur ensemble.
Un article "d'archéologie ferroviaire" par Jean-Pierre Comes
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