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Première charte nationale pour le développement des chemins de fer touristiques et historiques


Les objectifs de la charte
Le texte complet de la charte signée le 15 février 2001...
Allocution de Monsieur Jean-Claude GAYSSOT, Ministre de l'Équipement, des Transports et du Logement
Allocution de Madame Catherine TASCA, Ministre de la Culture et de la Communication
Allocution de Monsieur Michel DUFFOUR, Secrétaire d'État au Patrimoine et à la Décentralisation Culturelle
Allocution de Monsieur Louis GALLOIS, Président de la Société Nationale des Chemins de Fer français
Allocution de Monsieur Claude MARTINAND, Président de Réseau Ferré de France
Allocution de Monsieur Claude BOUCHAUD, Président de la Fédération des Amis de Chemins de fer Secondaires- Union des Exploitants des Chemins de fer Touristiques


Allocution de Monsieur Claude BOUCHAUD,
Président de la Fédération des Amis de Chemins de fer Secondaires
- Union des Exploitants des Chemins de fer Touristiques

 

Paris, le Jeudi 15 février 2001

 


Mesdames, Messieurs les Ministres,
Messieurs les Présidents,
Mesdames, messieurs

Essentiellement victimes de la concurrence routière, peu de réseaux secondaires subsistaient en 1955. C'est en 1957 qu'un groupe d'amateurs créait la Fédération des Amis des Chemins de Fer Secondaires (FACS). Par ses voyages d'étude regroupant souvent plus de 150 participants, la FACS fit connaître les réseaux encore en activité et, par sa revue « Chemins de Fer Régionaux et Urbains », leur histoire, mais aussi leur actualité, souvent marquée par l'annonce de nouvelles fermetures. Cette période correspondait aussi à l'abandon par la SNCF de la traction vapeur. Ainsi, des amateurs passionnés voyaient à la fois disparaître les « petits trains » et leur atmosphère si attachante et la locomotive à vapeur qui avait fasciné plusieurs générations. On peut dire que la FACS a initié la prise de conscience d'un patrimoine industriel dont certains éléments devaient être non seulement préservés mais aussi maintenus en état de circuler.

Si elle n'a pu empêcher la fermeture de nombreuses lignes se trouvant dans une situation intenable face au développement de la voiture individuelle, la FACS a été à l'origine du sauvetage, voire de la reconstruction de lignes et de leur reconversion pour le tourisme tandis qu'elle participa activement au mouvement de préservation de matériels historiques. Les premiers chemins de fer remis en service à des fins touristiques peu de temps après la fermeture de l'exploitation commerciale, concernèrent à partir de 1966 des réseaux à voie étroite, a priori plus faciles à exploiter par des amateurs. Ces premières tentatives, heureusement couronnées de succès, ouvraient la voie à de multiples exploitations touristiques, y compris à voie normale et sur le réseau SNCF où quelques locomotives à vapeur restaient autorisées à remorquer des trains « historiques » sur voie principale.

Devant l'essor de ce type de chemins de fer, la FACS qui regroupait un nombre croissant d'exploitations, créa en son sein, dès 1972, l'UNECTO (Union des Exploitants de Chemins de Fer Touristiques et de Musées) qui compte à ce jour 42 réseaux, soit les deux tiers des exploitations ferroviaires touristiques

Le mouvement de préservation a été grandement appuyé par la reconnaissance par le Ministère de la Culture du patrimoine industriel, ce qui a conduit au classement « monument historique » de nombreuses locomotives à vapeur puis d'autres types de matériels roulants. Ainsi, de nombreuses machines et véhicules remorqués ont pu être conservés en activité, la FACSUNECTO étant propriétaire d'une douzaine de locomotives, d'un autorail et de diverses voitures à voyageurs mises à disposition de chemins de fer touristiques. Ceux-ci sont très variés, allant de la traction vapeur par des locomotives d'express ou à l'exploitation de lignes rurales par autorail jusqu'aux « tortillards » des années 1900 en passant par le chemin de fer électrique à crémaillère ou à adhérence.

Aujourd'hui, les chemins de fer touristiques qui se répartissent sur tout le territoire national, y compris dans les départements d'outre-mer (deux sont en construction en Guadeloupe et en Martinique), apportent un réel attrait aux sites qu'ils desservent. Les chiffres que vos services viennent de publier, Madame la Ministre, doivent nous faire réfléchir : la France, c'est le Louvre, la Tour Eiffel, les Châteaux de la Loire mais c'est aussi la Provence, l'Ardèche, le Quercy. Déjà, de nombreux étrangers viennent sur nos réseaux : Anglais en Baie de Somme, Espagnols à la Rhûne, Américains et Japonais en Vivarais. Prenons exemple sur les réalisations étrangères : la Suisse et les États-Unis où des exploitations touristiques attirent des centaines de milliers de visiteurs et génèrent une activité fondamentale pour les régions parcourues. Nous devons être non seulement de bons exploitants de chemins de fer touristiques mais aussi de bons promoteurs de nos réseaux ; c'est pourquoi l'aide qu'apporteront les Services du Ministère de la Culture et du Secrétariat d'Etat au Tourisme sera précieuse. Nous avons également besoin de la collaboration du Ministère de l'Equipement, du Logement et des Transports, de la SNCF et de RFF pour assurer avec sécurité notre activité de tourisme ferroviaire.

Merci aux Services de vos départements ministériels qui ont contribué à l'élaboration de cette charte ; merci à la SNCF et à RFF pour leur compréhension de nos problèmes, même si nos arguments d'amateurs éclairés heurtent parfois leurs convictions de spécialistes avisés et responsables.

La charte que allons signer pour le développement des chemins de fer touristiques et historiques constitue un cadre de coopération qui nécessite que les animateurs de ces chemins de fer trouvent un compromis entre bénévolat et professionnalisation. La FACS-UNECTO avec les réseaux qu'elle regroupe, souhaite offrir des produits touristiques de qualité, témoins du passé mais résolument tournés vers l'avenir et répondant aux attentes d'un public exigeant. L'appui de tous nous permettra d'atteindre cet objectif devenu commun.

Je vous remercie.

 

On reconnaitra sur la photo : M. Martinand, président de RFF, puis de gauche à droite Paul Carenco (FACS-UNECTO), Maurice Geiger (AMTP), de dos Pierre Virot (CFT Vivarais), à droite Jacques Daffis (CFT Tarn)... et derrière l'objectif votre serviteur !
Dernière mise à jour le 09 février 2005