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Plusieurs vestiges des chemins de fer Ardennais ont été signalé au MTVS il y a maintenant plusieurs années. On y trouve la caisse d'une voiture déjà préservée et celle d'un autorail Hawa situé dans l'ancienne gare de Vendresse. Après avoir identifié le propriétaire, M. Guerin, les premiers contacts furent pris, mais la vie associative est ce qu'elle est et le MTVS hésite puis ne peut pas financer ce sauvetage. Finalement c'est le 28 août que les opérations de sauvetage eurent lieu. Le chantier a été préparé par M. Guérin et moi-même. Le soubassement en pierres est démonté en deux endroits pour laisser le passage aux élingues et le toit est dégagé de tout ce qui avait été rajouté pour assurer une étanchéité. En effet, la caisse achetée en 1949 par M. Louis Guérin, père du propriétaire actuel, a servi de résidence secondaire avec une pièce commune et un " séjour " qui servait de chambre. Le lundi au petit matin, l'entreprise de grutage est au rendez-vous. Ce n'est pas le poids de la pièce (3 tonnes) mais sa situation qui a nécessité l'utilisation d'une grue télescopique de 30 tonnes. En effet, le terrain a été agrémenté de pins, tout autour de la " résidence " placée à 10 m de la route. Avec le temps, les arbres ont poussé et empêchent tout engin de pénétrer. C'est donc suspendu à la flèche de la grue que l'autorail est sorti de ce bois pour être chargé dans un camion et prendre la route de Butry. Ces opérations ont été réalisées en présence d'une journaliste de l'Union - L'Ardennais le quotidien local.

C'est à 15 h que le camion pénètre dans l'emprise du Musée. La caisse est déchargée avec la grue de l'association et placée le long de la piste, puis bâchée. Elle prendra un repos bien mérité avant d'être rénovée.

Quelques jours plus tard, profitant d'une luminosité plus importante qu'à Vendresse, nous arrivons à lire son numéro en relief sous la couche de peinture. Il s'agit du N°37

Lors de la Première Guerre Mondiale, les chemins de fer des Ardennes subissent de lourdes destructions, nécessitant plusieurs années pour la remise en état du réseau. A partir de 1923, le réseau exploité par le groupe Baert et Verney, se dote d'autorails construits dans les ateliers du groupe au Mans et à Prix-les-Mézières. Au début des années 30 (1930 ou 1932 selon les sources) le réseau reçoit 9 autorails construits à Berlin par Deutsche Getriebe Geselschaft sous licence Hanoversche Wagonfabrik (HAWA) au titre de dédommagement de la guerre 14 - 18. Ces petits autorails à deux essieux sont équipés d'un moteur à essence SELVE de 45 ch et d'une transmission à chaîne. Ils offraient 24 ou 25 places assises. Cinq d'entre eux étaient complétés par une remorque à un essieu accessible par une intercirculation avec la motrice. Ce petit complément offrait 10 places assises et un compartiment postal. L'autorail 37 n'en était pas équipé. La voiture 35 a été détruite pendant le second conflit en 1944 tandis que les automotrices 36 à 39 étaient rendues hors service la même année. Ces quatre dernières seront radiées en 1949. C'est à cette date que monsieur Louis Guérin achètera l'automotrice 37. Les 4 survivantes poursuivront leur service jusqu'en 1954 et même 1961 pour la 34 sur les lignes de la Semoy (Monthermé Sorendal) et de la Goutelle (Nouzonville - Gespunsart).


Après la construction d'une première ligne d'Intérêt Local dès 1879, le département de l'Ain réalise en 1897 et 1898, un réseau départemental de 182km, concédé à la Compagnie des Chemins de Fer Economiques du Sud-Est (E.S.E. ou SE - à ne pas confondre avec la SE Société générale de CF Economiques) et comprenant notamment la ligne Bourg-en-Bresse à Jassans (puis Villefranche-sur-Saône). A quelques kilomètres de Bourg, la gare de 2ème classe de Corgenon vivra de 1898 à 1937 au rythme du passage des petite 030T Corpet Louvet de 19t et des voitures en bois, à deux essieux et cinq fenêtres. A la suppression du Tram, et comme souvent dans nos campagnes, une caisse de voiture mixte est préservée par un habitant de Corgenon, M. Déloy. Elle est utilisée comme poulailler puis comme chenil. Elle servira aussi d'aire de jeu aux enfants du village, attirés par cette cabane pas comme les autres. En février 1993, elle est cédée à M. Curial, qui s'emploie à rénover la gare de Corgenon, chose faite en 1997 pour le centenaire du petit train. En 1998, la caisse de voiture est confiée pour remise en état au centre de formation professionnel (AFAPA) de Bourg-en-Bresse, mais sans résultat. Menacée de destruction, elle est offerte au MTVS le 14 novembre 2000.

La caisse est celle d'une voiture mixte 1ère et 2ème classes, série AB 1 à 11, construite en 1897 par les établissements Carel et Fouché pour les E.S.E (absorbés en 1926par la Régie départementale de l'Ain). La caisse à cinq petites baies est en lattes de pitchpin vernies puis peintes en brun Van Dick. Elle comportait 6 places de 1ère classe sur banquettes transversales et 12 places de 2ème sur des banquettes transversales d'un côté et longitudinale de l'autre. Quelques éléments "importants" sont encore présents sur cette voiture: porte d'accès ouvrant vers l'extérieur, porte-bagages, store de couleur bleue...
Le MTVS Tient à remercier M. Deloy pour son accueil à Corgenon, M. Morin-Marty, qui nous a passé l'information sur la disponibilité de cette voiture, et bien sûr M. Curial, qui a su uvrer pour la sauvegarde du patrimoine ferroviaire local en restaurant la gare et en préservant - puis en l'offrant au MTVS - une voiture à voyageurs.


Dorothée, comme chaque année, avait l'élégance des demoiselles d'il y a un siècle
Et oui, cela fait maintenant trois ans que je fais partie du MTVS, et c'est seulement cette année que je passe le week-end du Festival sous le soleil!
Comme tous les ans, le samedi matin, les équipes de conduite sont arrivées de bonne heure au musée pour mettre en service leur machine. Cette année, seules deux d'entre elles ont été allumées : la CdN n°36 et la Pinguely. En ce qui me concerne, je me suis occupé de la Pinguely avec Jean-Jacques Stefanazzi. Le foyer étant déjà nettoyé, nous n'avions plus qu'à aller chercher du bois et de bons blocs de charbon pour allumer la machine. Le feu prenant lentement mais sûrement, nous nous sommes vite mis à l'astiquage de ce beau petit monstre. Ce n'est pas toujours amusant de dégraisser et lustrer les cuivres, mais c'est quand même plus joli quand on se voit dedans ! Après avoir graissé les embiellages et autres pièces en mouvement, la pression dans la chaudière est devenue suffisante pour déplacer la machine, ce qui nous a permis d'aller "faire du charbon et de l'eau" pour pouvoir assurer le premier train de ce long week-end. Il était à peu près 11h30 lorsque nous nous sommes mis en tête du premier train qui débordait déjà de voyageurs impatients de voir les premiers panaches de fumée. Le coup de sifflet du chef de train retentit, et le signal de départ m'a été donné : je réglais le sens de marche, j'ouvris doucement le régulateur, et nous voilà partis pour le premier aller-retour au Bois Thibault. Après deux trajets en cette fin de matinée, nous nous sommes accordé une pause pour nous rassasier avec les plateaux-repas préparés par les bénévoles de "l'équipe cafétéria" qu'il faut encore une fois remercier. Pendant ce temps, la CdN (Lulu) prit le relais pour assurer un ou deux trains. En début d'après-midi, le nombre de visiteurs augmentait à vu d'il : c'était le début des heures de pointes! En effet, durant l'après-midi du festival vapeur, notre petite ligne à voie métrique s'est transformée quasiment en ligne de métro : la rame de Lulu n'avait pas encore marqué l'arrêt, que nous étions déjà en train de donner les premiers tours de roues ! Le moindre incident d'exploitation aurait été fatal De par le sérieux de l'ensemble des bénévoles chargés de l'exploitation tout s'est déroulé à merveille et aucun incident, même mineur, n'a été constaté. A la fin de la journée, pas moins de dix-sept circulations ont été assurées par nos deux locomotives.

Nos agents de sécurité du PN de la rue de Parmain n'ont vu du festival que le va et vient des trains
Le lendemain, c'était reparti pour un tour, mais cette fois j'étais accompagné d'Hervé Stefanazzi en tant que chauffeur. Cette fois les locos mirent beaucoup moins de temps à monter en pression puisqu'elles étaient encore chaudes. Quant au Pliz, tout était à refaire ! Nous en avons même profité pour passer la machine au jet d'eau. Comme la veille, nous avons commencé à assurer le service voyageurs vers midi, mais dimanche oblige, il y avait encore plus de monde, d'autant plus que le beau temps était au rendez-vous. Durant la journée, les trains n'ont pas arrêté de se succéder. Tous les membres du MTVS étaient à l'uvre: pendant que les équipes de conduite acheminaient les trains, d'autres se transformaient en équipe voie pour resserrer une éclisse douteuse. D'autres continuaient à travailler sur la "Sarthe" qui attendait la visite des ingénieurs des mines pour une visite approfondie de sa chaudière. Deux charmantes jeunes filles - Dorothée et Estelle - portaient des habits d'époque, et il ne faut pas oublier les membres qui ont accueilli et servi les visiteurs à la cafétéria.
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Pour animer ce festival, nous avons loué les services de tourneurs d'orgues mécaniques. Durant le samedi après-midi, l'un d'entre eux était installé sur la plate-forme d'une des voitures et mettait de l'ambiance dans le convoi. Un autre orgue était situé dans la Halle-Musée. Les enfants avaient l'occasion de tourner la manivelle et comme nous sommes de grands enfants, certains, comme notre Secrétaire, ont été surpris dans cette action. Durant ce week-end, ce sont 1111 visiteurs payants qui nous ont rendu visite. Le Rendez-vous est déjà pris pour le festival 2001 au cours duquel nous fêterons les 25 ans de l'association : les 6 et 7 octobre 2001. |
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Au coucher du soleil, une fois les visiteurs partis, les interminables manuvres commencèrent, pour évidemment se terminer à la lanterne! Comme tous les ans, ce fut un véritable casse-tête chinois pour remettre tout le matériel à sa place!
Ouf, c'était enfin terminé: les locos ronronnaient encore un peu, mais nous pouvions aller prendre une bonne douche bien méritée, pour ensuite passer au traditionnel repas regroupant la plupart des membres du MTVS.
Par chance, n'ayant pas eu beaucoup de cours après ce palpitant mais épuisant week-end, j'ai pu m'accorder deux bonnes nuits d'une douzaine d'heures!

Le 18 novembre, 14h30, le Musée est officiellement fermé, mais des visiteurs se regroupent sur la piste. Jusqu'aux environs de 15h, le groupe s'étoffe pour dépasser les 40 personnes. A proximité, Lulu commence à faire ses vocalises. Des manuvres commencent,;on voit la Sarthe passer, puis la voiture des Deux-Sèvres attelée à la TIV. La machine en révision est placée sur une des voies du dépôt tandis que la CdN est stationnée à ses côtés. Cette disposition a été réalisée pour nos visiteurs qui ont tous un point commun avec les deux machines. Ce jour-là, nous recevion, une partie de la famille Corpet qui accompagnait MM. Michel Corpet et Gérard Louvet, les derniers dirigeants de la célèbre fabrique de locomotives à vapeur. Suite au don des plans, le Conseil d'Administration avait décidé de les inviter pour découvrir le Musée. Nos visiteurs, quel que soit leur âge, ont été ravis de voir les machines construites par la firme. Les plus jeunes découvraient ce que faisait leur grand-père ou arrière grand-père. Deux aller-retour vers le Bois Thibault ont été réalisés. La journée s'est achevée par une collation et la remise d'une carte de Membre d'Honneur à MM. Corpet et Louvet ainsi qu'à M. Bruno Corpet à l'origine de cette préservation.

Notre Vice Président, H. Dupuis, en grande discussion avec M. Corpet

- Sauvetage d'un autorail Hawa Locomotive Corpet Louvet du CF des Ardennes 1909
- Sauvetage d'une voiture des Tramways de l'Ain
- Le festival 2000
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