Dernière mise à jour le 30 juin 2008

Comment créer (et faire vivre) un chemin de fer touristique...
en 6 leçons par l'image.


Roman Photos
Créer un Chemin de fer touristique

Pour approfondir

Roman Photos
Les démarches administratives
Le premier train d'essai
Le train inaugural
Le nouveau dépôt
Le bilan de la saison

Toutes ces photos ont été prises sur le Chemin de Fer Touristique du Vermandois entre 1979 et 2001 !
Soit plus de 20 ans d'expérience... en voie normale, et rappelons-le, sur voies SNCF depuis 1981.

Pour rendre attrayant ce véritable roman-photo, nous avons préféré vous présenter la remise en état d'un train à vapeur, avec une vraie locomotive à vapeur en ordre de marche, ses voitures à voyageurs, la voiture-restaurant et son indispensable fourgon pour les outils et huiles... mais aussi son dépôt (indispensable pour un entretien digne de ce nom)...


1 - Restaurer le matériel et la voie

Au début, le rêve est un soluté (plus ou moins) solide d'oxydes ferreux et ferriques que l'on a réussi à arracher au ferrailleur. Il va falloir gratter, remettre en état techniquement et esthétiquement.
Même l'abri (dépôt) que l'on a réussi à préserver a besoin d'un entretien sévère.
Il nous abritera bien encore quelques temps, mais il lui faudra un successeur rapidement !

 

La première bielle motrice vient d'être reposée après une après-midi de lutte serrée !
Déjà la seconde sera posée plus aisement : l'expérience rentre !

 

Refaire la chaudière ne nous a pas permis de voir souvent la lumière solaire... mais on a gagné en souplesse !

 

Les travaux de peinture sont les plus spectaculaires, mais pas les plus difficiles...
Ils ne sont que l'aboutissement de longues journées de travail : chaudronnerie, soudure, mécanique, menuiserie !

 

Si vous aimez la vie au grand air, vous aimerez poser et entretenir la voie, surtout sous le soleil...

Vous apprécierez aussi les travaux de chaudronnerie, au grand air et pas salissant pour deux sous...

Mais pour travailler, il faut aussi quelques outillages... à la dimension du matériel entretenu (ici des vérins de 25 t de charge utile) avec l'aide des entrepreneurs du coin... que l'on n'a pas encore fini de remercier à la hauteur des services rendus.

La mise en place de bogies n'est pas encore sport olympique, c'est dommage !

Une autre locomotive, confiée par la fédération UNECTO, attend dans le vieux dépôt...
Les membres, trop peu nombreux, ne se découragent pas pour autant...

Pour les très gros travaux, (indispensables et obligatoires) tout le monde casse sa tirelire...
pour les sous-traiter à la SNCF-Matériel !

On garde le moral, même au fond de la fosse, dans l'huile et la graisse.

Et pour les jours où la vapeur ne sera pas disponible (si, si ! c'est possible avec une locomotive de plus de 90 ans !), il faut aussi un engin diesel de réserve... à restaurer, lui aussi.

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2 - Les démarches administratives

Ca y est ! le matériel est restauré... mais encore faut-il le présenter à l'agrément des Services de contrôle.
Avec le recul et l'expérience, nous apprécierons les conseils des vrais professionnels...

Les (nombreuses) démarches administratives permettent enfin de signer la Convention d'exploitation avec les pouvoirs publics et la SNCF... Ne pas oublier qu'elle est révocable si l'on ne maintient pas le niveau de sécurité requis...

Ensuite, former les bénévoles qui participeront à l'exploitation. Les sujets sont nombreux et variés : théorie, technique, réglementation, accueil du public...
Le tout sera sanctionné par une habilitation (conduite et-ou manœeuvre) délivrée par la SNCF.

 

N'oubliez pas de charger vos 3 t de charbon... Ah ! vivement l'achat d'une sauterelle mécanisant le chargement... !  

Une petite soif... Vivement que les travaux d'adduction d'eau soient finis aussi... parce qu'avec ce tuyau de fortune, sur cette canalisation "normale", il faut au moins 3 heures pour remplir les 6 m3 du tender !

On est prêt ? C'est parti pour la première circulation ! Confiant, (un peu) inconscient... mais heu-reux...

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3 - Le premier train d'essai

Le premier attelage, car une locomotive c'est bien, mais atteler des voitures pour nos visiteurs, c'est indispensable...
Après le serrage à refus, ne pas oublier l'essai de frein réglementaire prévu au réglement d'exploitation...

Selon le réglement d'exploitation que vous n'aurez pas manqué de rédiger (c'est obligatoire aussi !), le responsable d'exploitation peut (ENFIN !) demander la voie et l'autorisation de circulation à la SNCF

 

Le premier PN (passage à niveau) est franchi après avoir abaissé les barrières à la main... Que la manivelle est dure ! On en prendra vite l'habitude, et le coup de main indispensable.
Vivement l'automatisation et la commande radio !
Coté chauffe, ça fume de diverses couleurs... le chauffeur va vite prendre de l'assurance...

 

A la fin de la première journée, on est un peu plus fatigué, et sale... mais tellement heu-reux !

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4 - Le train inaugural

 

Mettre en place un fond de caisse comptable...
(il tient dans la poche gauche d'une blouse de bénévole... ne révez pas !)

 

Une inauguration sans fanfare ni officiels, ni population autochtone en délire, ne serait pas complète !

Ouf ! les premiers clients, grâce à une publicité (honnête mais soutenue) sont venus...
Déjà trois ans que l'on travaillait pour les accueillir.
Tout est prêt, le Chef d'exploitation est en tenue, ses accessoires réglementaires bien en main... Attention au départ !

La locomotive est "au timbre"... le train est attelé, les essais de frein sont terminés, mécanicien et chauffeur sont prêts.
Les voyageurs sont installés. Un coup de sifflet du chef de train et... on peut partir!

Qu'il est beau mon premier train ! Mais que c'est difficile la sécurité des P.N.... Attendre l'arrêt du train, descendre sur le ballast, fermer les barrières (ou les dérouler), commander la manœuvre du train, attendre son arrêt, rouvrir le PN, remonter dans le train là où il n'y a pas de quai... et il y a 12 PN manuels sur la ligne ! Et 3 aller-retour par jour d'exploitation...

 

Mais pour maintenir l'intérêt de nos visiteurs, ne pas hésiter par tous les temps à les accueillir sur le quai (comme nos désormais confrères de la SNCF, avec un plus historique) :
les aider à planifier leur journée avec une bonne connaissance des horaires, des gares desservies, des matériels mis en circulation, commenter les voyages, répondre à toutes (enfin presque) les questions...

 

Mais que serait cette préservation du patrimoine si l'on n'assure pas la transmission du savoir aux jeunes membres...

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5 - Le nouveau dépôt

Nous avons remis en état une autre locomotive, plus puissante pour tirer des trains plus longs, plus loin.
On est même allé à Calais, Lille, Abbeville et sur la ligne A du RER parisien !
Alors, il nous fallait des locaux plus adaptés à une maintenance conséquente...

On a aussi inauguré notre nouveau dépôt, grâce à l'aide de M. Pierre André, le Sénateur-maire de St-Quentin, et des subventions tant locales, départementales qu'européennes, dont il a fallu monter les dossiers, argumenter, défendre les buts...
Il a également fallu étudier les plans, surveiller les travaux, aménager le dépôt, poser la voie (encore !)...

Enfin, toute notre collection va désormais être à l'abri des déprédations et des intempéries. Les membres pourront travailler au sec ! On a aussi restauré une voiture-restaurant (!) pour agrémenter le voyage de nos visiteurs...
Qu'on se le dise ! Il n'y aura pas d'excuse pour ne pas devenir bénévole au Chemin de Fer Touristique du Vermandois !

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6 - Le bilan de la saison

Comme une association, sans but lucratif, n'est pas forcément triste...
En fin de saison, les bénévoles partagent un repas bien mérité et les nombreuses anecdotes de l'exploitation !

 

Ah ! j'allais oublier l'inauguration de "notre" gare... avec nos amis britannique avec lesquels nous nous sommes jumelés pendant la saison... et pour une fois, même le photographe est sur la photo...
(Un indice : il n'a pas d'appareil en bandoulière, ni les bras croisés)

 

D'ailleurs, les pouvoirs publics ont reconnu notre travail et notre sérieux...
La convention est renouvelée pour l'année suivante, et les fastes ne sont plus ceux du début !
Continuons ce sérieux, gage de notre pérennité !

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Les dédicaces

Que chacun apprécie le travail des membres... même si certains ne sont plus de ce monde. Je dédie ces pages à Michel Sidorski ( ) et Claude Hachet ( ), deux membres (très) actifs qu'il a plu à Dieu de rappeler trop tôt à notre goût... 

Merci également

• aux pouvoirs publics qui ont misé sur notre réussite : Ville de St-Quentin, Conseil général de l'Aisne, Région SNCF d'Amiens, le FEDER, le District de St-Quentin, l'Office Départemental du Tourisme...,

• aux industriels qui nous ont aidé dans ces remises en état : Bossu-Cuvelier, Nysam, Régie Départementale des Transports de l'Aisne, SNCF (Eex de St-Quentin, EMT Longueau, EIMM Tergnier...), Haubourdin SA, Jaffary-et-Triquenaux Combustibles, les agriculteurs de Busigny, les transporteurs de Péronne et de St-Quentin...

• aux visiteurs qui vont venus (et revenus) nombreux,

• à tous les membres bénévoles que l'on retrouvera sur les photos....

En conclusion

Ce roman-photo se termine bien ? Mais, ne désespérez pas tout de suite, l'histoire vraie a pris bien plus qu'une saison... vingt ! (on vous l'a dit au début...). Vous avez découvert dans cette belle histoire la restauration de DEUX locomotives vapeur, de DIX voitures à voyageurs et fourgons, TROIS autorails, et TROIS locomotives diesel ou locotracteurs, QUATRE dépôts et garages divers, UNE gare...

N'hésitez pas à pousser la porte d'un Chemin de Fer touristique existant, de prendre part à l'exploitation pendant au moins une saison... vous serez le bienvenu, et ensuite, et seulement ensuite, pensez à fonder votre exploitation.


© Photos, conception et réalisation FD (FACS-UNECTO)