Ils n'existent plus de dépôts de chemin de fer en parfait état perdus dans les herbes folles, ni de matériel roulant à récupérer pour un franc symbolique (celui que l'on pouvait obtenir après la fermeture d'une exploitation départementale si vous vous engagiez à ne pas le détruire). Les bataillons d'anciens du chemin de fer et d'autres amateurs en manque de vapeur qui constituaient le gros des voyageurs lorsqu'ils ne proposaient pas bénévolement leur aide pour l'exploitation ou l'entretien.
Heureusement, vous pouvez toujours avoir un coup de cœur pour un matériel, une ligne, des paysages vus depuis un chemin de fer. Si vous portez votre choix sur la voie normale, il y a encore quelques opportunités intéressantes. A condition de choisir un site pour ses potentialités, et non pour sa proximité de votre domicile, encore qu'il n'est pas interdit de rapprocher les deux exigences.
Mais pour les autres écartements c'est plus complexe puisqu'il faut récupérer du matériel introuvable sur place, reconstruire la voie et les bâtiments.
Mais surtout, pour pouvoir maintenant réaliser son rêve nostalgique de petit train fumant dans la campagne, il faut à présent penser produit touristique devant s'intégrer dans le cadre d'une politique départementale ou régionale.
Créer un chemin de fer touristique à l'aube du troisième millénaire demande de plus en plus de stratégie, de communication et de moyens. Ce qui est sûr, c'est que les voyageurs / visiteurs ne se contentent plus "d'un tour en train" comme c'était le cas il y a 20 ans.
Il faut donc leur proposer un produit touristique qui leur plaise et qui leur donne envie de revenir parce qu'il y aura lieu évolution ou diversification. Réaliser un musée vivant d'un chemin de fer, faire retrouver ou découvrir le chemin de fer des années 60 semble le but commun à presque toutes les exploitations, un objectif pouvant se décliner en fonction des possibilités de chaque exploitation.
Voilà donc le but final, mais comment l'atteindre depuis l'endroit que nous voulons ? Pour pouvoir avancer dans la réflexion, il faudra répondre dans cet ordre à trois questions essentielles :
Quel produit ? C'est à dire quel public cherche-t-on à faire venir et donc à satisfaire, quel programme propose-t-on aux visiteurs pour qu'ils deviennent voyageurs, quels prix fixer compte tenu des offres touristiques locales de même durée, quelle promotion effectuer, enfin quel plaisir les clients ont-ils retiré de la prestation, ce qui sous-entend une évaluation du produit à posteriori.
C'est le nœud de l'affaire puisqu'il s'agit bien de vendre un produit qui permettra de le promouvoir, de le faire perdurer et de dégager des moyens pour payer d'éventuels salariés et entretenir le matériel.
Comment le mettre en oeuvre ? C'est tout le problème des moyens humains indispensables pour effectuer sa réalisation : au niveau de sa conception, de sa communication (travail de mise au point et de relations avec les élus, la SNCF, RFF et les acteurs du tourisme), de sa réalisation (quelle équipe, combien de techniciens, de salariés, de bénévoles ; quelles formations et habilitations chez les exploitants).
C'est un point délicat car souvent le porteur du projet n'a pas assez de références dans les milieux du chemin de fer et du tourisme pour pouvoir recueillir, avant le début de la réalisation, un accueil suffisamment large pour favoriser ses démarches et l'obtention de subvention et autres facilités. Ne pas sous-estimer aussi l'importance de la réglementation et des procédures appliquées dans le grand chemin de fer.
Un projet raisonnable et bien étudié sur le plan de sa réalisation aura plus de chances de convaincre de son sérieux les "gens du rail".
C'est bien sûr le problème financier qui doit être évoqué, tant sur le plan de l'investissement que pour celui d'un budget annuel.
Mais il y faut aussi des matériels ferroviaires, adaptés au produit ou-et muséographiques et culturels, de leur adaptation aux voies nationales, de leurs possibilités d'entretien, de l'avenir de leur évolution et de leur renouvellement.
Il s'agit aussi d'appréhender les moyens qui feront perdurer le démarrage de l'activité et qui anticiperont sur son développement.
Fort de ces quelques conseils, et après une intense réflexion avec vos amis, vous vous sentez prêt pour vous lancer dans l'aventure car vous êtes maintenant persuadé de la justesse de vos arguments et de la rigueur de votre étude. Attention toutefois d'éviter les écueils suivants :
Les chemins de fer touristiques adhérant à ll'UNECTO ont pu réaliser, faire vivre et évoluer leurs projets. Ils en ont acquis une grande expérience dont l'histoire et la synthèse peuvent servir à d'autres créateurs.
La Fédération, qui entretient des relations régulières avec les acteurs institutionnels du tourisme ferroviaire, accueille les porteurs de nouveaux projets qui désireraient êtres guidés et conseillés selon les modalités exprimées ci-dessus. Elle est persuadée que, par à un comportement sérieux et régulier, attentif et respectueux envers ses partenaires, d'autres chemins de fer touristiques - peut-être bien différents de ceux existants actuellement - verront le jour.
Les chemins de fer touristiques en gestation peuvent y adhérer. Cette adhésion leur permettra de profiter de cette expérience pour faire aboutir le projet qui leur tient à cœur.
Et si, finalement, vous avez envie de participer au mouvement sans en être absolument à la pointe du développement, rappelez vous que les chemins de fer touristiques existants ont toujours besoin de bonnes volontés et n'hésitez pas à leur proposer votre tête et vos bras !